Match n°1 : Infernal Affairs de Andrew Lau /vs/ Les Infiltrés de Martin Scorcese

Publié le par Vincent Vega

Voici l'affrontement de deux films. Le match consiste à vous donner mon avis sur qui l'emporte, après avoir parlé du perdant. Premier match :

Infernal Affairs / Les infiltrés  , un film hong-kongais et son remake américain.



Ming est une taupe dans la police de Hong Kong, implantée là par les bons soins du patron de la triade. Yan est un policier infiltré dans la triade depuis dix ans. Son casier judiciaire bien alourdi par les années est là pour témoigner de sa réussite. Parfaite symétrie des situations et des hommes : Ming et Yan sont également fatigués des rôles que leur font jouer, dans l'ombre, leurs patrons respectifs. Ming rêve de devenir un vrai policier. Yan est las de tuer au nom de la justice et voudrait pouvoir se retirer enfin.
 


C'est très simple : vous prenez deux apprentis policiers, Lau et Chan. Infiltrez Chan dans la mafia pendant dix ans, faites bosser Lau comme taupe pour ces mêmes mafieux, servez chaud. Infernal affairs est un véritable jeu d'échecs, où chaque camp a un loup dans la bergerie de l'ennemi. Quand les choses commencent à tourner au vinaigre, le jeu devient de plus en plus complexe. Mais Infernal affairs n'est pas pour autant un film prise de tête. C'est simplement un très bon polar, haletant et franchement classe, qui ménage ses effets et dont les quelques tiroirs sont parfaitements digestes. Mené de main de maître par Andy Lau (également coscénariste et coréalisateur) et Tony Leung, Infernal affairs s'impose illico presto comme un des classiques du genre. Pas étonnant que le film ait connu deux suites (inédites dans nos salles) et que Scorsese en ait fait un remake, The departed, sorti en 2006.

Note : 7,5/10. Un très bon polar, une intrigue menée de main de maître, des acteurs très juste, une réalisation au poil. On peut touefois trouver quelques longueurs dans certaines scénes.






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A Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise. Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec "un bleu" issu des bas quartiers, Billy Costigan. Tandis que Billy s'efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l'Unité des Enquêtes Spéciales, chargée d'éliminer Costello. Mais Colin fonctionne en "sous-marin" et informe Costello des opérations qui se trament contre lui.
Risquant à tout moment d'être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité.
Traquenards et contre-offensives s'enchaînent jusqu'au jour où chaque camp réalise qu'il héberge une taupe. Une course contre la montre s'engage entre les deux hommes avec un seul objectif : découvrir l'identité de l'autre sous peine d'y laisser sa peau...
 


En s'attelant à un scénario adapté d'un film déjà existant, Martin Scorsese faisait preuve d'un manque d'ambition apparent. C'est du moins ce que l'on pensait ; mais imaginer un des plus grands réalisateurs du monde se la couler douce en réalisant des films paresseux revenait à s'enfoncer le doigt dans l'oeil. Armé d'un casting foisonnant (DiCaprio, Damon, Nicholson, Martin Sheen, Baldwin, Wahlberg...), et criant sur les toits qu'il n'a pas vu Infernal affairs et qu'il s'en tamponne le coquillard, le grand Marty déboule avec The departed (Les infiltrés, titre français de dernière minute), polar urbain et nerveux qui offre une vision nouvelle à une histoire déjà traitée.
Devinette. Quelle est la différence majeure entre Infernal affairs et Les infiltrés ? Réponse : une heure. Là où Chan & Lau livraient un thriller nerveux, sans temps mort ni fioritures, Scorsese prend tout son temps pour faire vivre ses personnages et donner à la ville de Boston une vraie dimension. Cette fois, pas d'italo-américains, mais des Irlandais d'origine, au sang tout aussi chaud et aux jurons plus imagés. Ça jure dans tous les sens (surtout Nicholson) et c'est un régal.
La durée conséquente du film (2h30) est également due au fait que le scénario se refuse à laisser la moindre zone d'ombre quant au passé des personnages principaux ; et à vrai dire, on aurait davantage apprécié un poil plus de mystère. Aucun grain de sable dans les rouages, aucun défaut dans la machinerie : filmeur né, Scorsese déroule tranquillement une intrigue aux petits oignons, avec ce qu'il faut de perversion, de jeux de miroirs et de surprises. Le film aurait pu être plus tendu, nerveux, haletant : au lieu de quoi on a droit à un chassé-croisé, mais bien troussé. Scorsese est inattaquable ici. La gueule des interprétes (un trés bon Di Caprio et un Matt Damon légérement en deça du jason Bourne que l'on connait) est celle de gamins correspondent plutôt bien à ce qu'on attend de leurs personnages (de jeunes loups infiltrés chez l'ennemi et lancés un peu trop vite dans le grand bain), car on sent un manque évident de maturité chez eux. De plus, les seconds rôles sont assez impeccables (comme celui de Mark Wahlberg).

Note: 8/10. Si vous êtes comme moi et que vous commenciez à penser que tout espoir était perdu pour celui qui avait été le realisateur du chef d'oeuvre qu'est Casino, soyez rassurés, Martin Scorsese est de retour. Le film ne vaut certainement pas 10/10 (8 serait plus exact), mais cela fait tellement plaisir de savoir que nous retrouvons un grand metteur en scéne. Realisation impeccable, interpretation juste (mention speciale pour Di Caprio qui semble avoir franchi un cap), scenario malin.



Infernal Affairs n'a pas à aller se rhabiller, bien au contraire. Les deux films sont assez différents et dans la réalisation et dans l'ambiance qui s'en échappe. Pour bien, regardez les 2 !  ;)


Publié dans Matchs

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