American History X de Tony Kaye - Make Teeth History

Publié le par Vincent Vega

Derek, voulant venger la mort de son père, abattu par un dealer noir, a épousé les thèses racistes d'un groupuscule de militants d'extrême droite et s'est mis au service de son leader, brutal théoricien prônant la suprématie de la race blanche. Ces théories le mèneront à commettre un double meurtre entrainant son jeune frère, Danny, dans la spirale de la haine.

 


Le film en lui-même est assez dur à voir à cause de la violence de certaines scénes. Mais le réalisateur a tout compris. Ce n'est pas un film pour ou contre  le racisme (quoique ...) mais sur le racisme. J'y ai vu aussi un film sur la haine, et comme dit le synopsis du film, "on tente d'expliquer l'origine du racisme et de l'extrêmisme aux Etats-Unis". Important de le rappeler il me semble. Une bonne analyse en tout cas.
Ce film, qui lève le voile sur une des faces sombres de l'Amerique, s'intéresse à la résurgence de mouvements néo-nazis, à travers  l'évolution des deux personnages principaux, deux frères. C'est un sujet très sensible, et difficile à traiter sans tomber dans une critique naïve du racisme. Tony Kaye balaye facilement ces écueils récurrents.
American History X est franchement brillant et la presse, à l'époque, l'a sous-estimé. J'ai entendu dire que c'était cliché etc... ma foi, je ne trouve pas. Le pitch pouvait faire peur (le néo-nazi qui devient ami-ami avec un black) mais il n'en est rien.


Le pire, c'est que ce film est complètement prévisible : nombre de situations sont déjà vues et on devine souvent leur conclusion dès leur entame. Mais cela fonctionne. Etonnamment bien, dois-je dire. Parce que les comédiens sont formidables, la mise en scène soignée et élégante, la musique discrète et juste : parce qu'une réelle synergie nous concocte dans une vieille marmite avec une vieille recette un des films les plus prenants de ces dernières années.


Malgré le thème du racisme, c'est uniquement le destin de deux personnes qui se joue. Le personnage de Edward Norton est indispensable à l'ensemble, il constitue un liant indissociable de la façon d'être de son frére. Norton, justement, est extraordinaire et son jeu sans fioriture est un exemple pour ceux qui cherchent à en faire trop. Quelle élégance et quel charisme !
Tony Kaye maîtrise le noir et blanc qui, dans ses scénes passées, mettent en valeur le corps scultural d'Edward Norton.

Edward Furlong ensuite, sombre, nous interprète un Danny à la carrure juvénile alors que la vie l'a déjà bien consumée, une vie misérable dans un contexte misérable. Il se voit confier une chance à saisir, une seule peut-être. Ses relations avec son frére, dès son retrour de prison, sont celles d'un gosse face à son héro: avec des heurts et beaucoup de non-dits, mais une relation qui est appelée à évoluer. C'est cette relation qui cimente le film.

Le jeu de Furlong tout en retenu, son expression ambigu, le fameux lâché de fumée de cigarette, est une pure manifestation de haine magnifiquement filmé.

 

A consommer sans modération.

 


 

Note: 8/10. Ce film, descendu à sa sortie, se révéle au fil des années bien plus qu'un éniéme long métrage politiquement incorrecte. La prestation de Norton, qui avec Fight Club, signe un de ces meilleurs rôles, est à couper le souffle.

C'est un Bazooka Worms !

 







ATTENTION: LA MUSIQUE TAPE A L'OEIL DE LA B.A. NE REPRESENTE PAS CELLE DU FILM !


Publié dans Tops

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